Partager l'article ! La farandole sans école, matériel pédagogique et perspectives à long terme: Pour cette 5ème farandole sans école, qui pose la questi ...
Pour cette 5ème farandole sans école, qui pose la question de l'aspect financier de la non-sco je reviens à mon blog. Il fait assez moche aujourd'hui et je ne suis pas attirée vers l'extérieur et ce printemps qui me prend une grande partie de mon temps.
Deux réflexions sur le sujet qui traitent toute deux de deux aspects de la chose. Vous êtes prévenus, l'une des deux n'est pas vraiment optimiste.
L’un des aspects de l’IEF susceptible de peser sur le budget familial est le coût du matériel pédagogique.
Lorsque les Bugale étaient jeunes, j’étais très attirée par l’achat de beaucoup de matériel, et c’était assez frustrant de ne pouvoir tous les acquérir. L’offre est variée et attrayante, et plus je rencontrais de familles IEF plus je découvrais de matériel qu’il me semblait intéressant de posséder. Je crois bien que l’offre a encore augmentée depuis la petite enfance de mes Bugale. A l’époque, il existait les réglettes cuisenaires, maintenant on a en plus le choix avec les attrimaths et les tangrams, et tout à sa raison d’être et est complémentaire. Pour le niveau du primaire, quantité de fichiers aux éditions Retz ou buissonnières me tentaient et me semblaient indispensables.
Mais je me suis rendue compte que dans la forme de notre IEF (apprentissages précoces puis apprentissages formels dans certaines mesures en ce qui concerne les maths et le français), il me fallait mieux me tenir à une quantité raisonnable de supports. Finalement, beaucoup n’ont pas été utilisés de façon rentable vis-à-vis de leur valeur marchande. J’ai remarqué qu’au lieu de m’apporter une richesse, je me perdais dans une quantité trop importante de support avec l’impression de ne jamais aller au bout d’un « programme », l’impression d’une trop grande répétition des notions sous diverses formes avec une difficulté à les discriminer parmi les propositions. Cela entraînait une stagnation due à l’inquiétude de ne pas avoir tout fait, au lieu de suivre le rythme réel des Bugale et de leur faire confiance.
Depuis le niveau du collège, cette course au matériel pédagogique est terminée pour moi. De toutes les façons, il existe beaucoup moins de choses disponibles pour ce niveau ! Et poussée (ou tirée !) par mes jeunes ados, nous versons dans un côté moins formel, même si Bugale 1st prépare le brevet. D’ailleurs pour cette préparation nous avons choisi un support par matière et il s’y tient ; ce qui a permis d’établir un programme de travail plus rigide qui semble plus rassurant pour préparer un examen.
Les budgets principaux dorénavant sont la part consacrée aux livres (romans, bien souvent de fantasy), et celle consacré à l’accès à l’informatique (équipement conséquent en ordi et accès permanent à Internet).
J’imagine que dans une optique de unschooling, dans le but de mettre à disposition des enfants un environnement riche et varié, il doit être plus difficile de faire des choix et quelques fois frustrant de constater que certains supports coûteux n’auront jamais servi.
Plus l’on sera à pratiquer l’IEF, plus on pourra créer une « communauté » permettant des échanges de matériel, ce qui serait une aide évidente.Quelques fichiers très chers destinés à l’enseignement donnent un droit de photopiage pour une trentaine de copie, et permettent de réduire les coûts. Pour les adeptes de montessori, on peut fabriquer du matériel.
Bref, il faut être inventif et bien cerné ses besoins, j’espère que cette Farandole sans école va nous en apporter tout plein !
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Quand nos jumeaux sont nés, j’ai prolongé le long (because 3 enfants et naissance gémellaire) congé maternité par un congé parental bien mérité (et bien payé !) durant lequel nous avons commencé la grande aventure de l’instruction en famille. A la fin de ce congé, nous avons décidé de poursuivre cette aventure et je n’ai pas repris d’emploi.
Je ne me souviens plus si la décision a été prise après moult discussions et force de calculs pour voir si le budget familial le permettait, mais je suppose que oui !
Il était donc convenu que l’Enchanteur pourvoirait la famille en argent et que je prenais en charge l’instruction des Bugale. Rien de bien original, ni révolutionnaire (si l’on excepte l’IEF) dans notre couple. Il faut dire que l’Enchanteur a un salaire de fonctionnaire, un salaire moyen au début, certes et qui ne promet pas une fulgurante fin de carrière, mais qui assure un revenu régulier et sans surprise.
Néanmoins, nous nous sommes souvent retrouvé en situation inconfortable, mais avons toujours trouvé une solution de secours. Je me souviens de collègues de l’Enchanteur, deux salaires, deux enfants nous disant : « mais, nous, on ne peut pas le faire, nous n’arrivons déjà pas à joindre les deux bouts ! ». Comme quoi tout est question de choix personnels.
Nombres d’années ont passées, à force de travail (euh, il n’y a pas quelqu’un qui a vanté la valeur travail dernièrement ?) nous avons une maison à nous ; nos Bugale sont ados et il ne reste que quelques petites années à passer en IEF. Mais soudain, les choses semblent se précipiter.
Face à une crise dans le couple, les accords passés me semblent soudain plus fragiles et dérisoires.
Et si la fée Viviane libérait l’Enchanteur de l’arbre dans lequel elle le retient prisonnier (par Amour, bien sûr !). Trêve de légende, les questions m’assaillent.
Il y a le fait qu’il semble bien difficile en divisant les biens de notre couple par deux de maintenir cette vie bien installée pour moi et les Bugale autour de l’IEF. Une vie, au départ, avec de jeunes enfants sans possibilité de baby-sitter, de ciné, de petits restos, mais une vie que l’on a réussi finalement à installer à la campagne dans un environnement sympa avec un rythme respectueux. Une vie que j’aime, mais qui devra peut-être céder la place, pour raison financière, à une vie de femme active (comme l’on dit), qui devra soudain à 40 ans se construire une carrière et n’a aucune chance de se construire une retraite financièrement cohérente. Je me souviens de ma vingtaine adepte de principes féministes....qu’en ai-je fait ? Me voilà confrontée aux mêmes problèmes que nos mères et grand-mères.
Bien sûr, il y a 15 ans, en abandonnant ma profession pour élever mes Bugale, je n’avais pas envie de penser à cela. Mais aujourd’hui, je me dois d’ouvrir les yeux.
La question financière ne se pose donc pas uniquement dans le casse-tête de faire vivre une famille sur un salaire, ça pose un problème financier à beaucoup plus long terme. Heureusement que l’on y pense pas au début, ou l’on ne se lancerait jamais. Je ne regrette rien, et recommencerai volontiers, je sais juste que j’ai, peut-être, mangé mon pain blanc.
Je ne devrais finalement pas vous raconter cela, puisque c’est plutôt dissuasif...mais ce blog n’est pas là pour donner une image d’Epinale de l’IEF. Comme pour tout, il y a des inconvénients, et il s’agit d’en prendre conscience et de bien les peser avant de se lancer.
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