Il est question pour cette première farandole sans école de retour aux sources, j’ai l’impression de l’avoir fait tellement de fois déjà ! Si bien que j’ai envie de remonter plus loin, vers des sources un peu enfouies, qui se sont révélées avec le temps ; vers un chemin de vie que nous avons inventé, découvert, trouvé au fil du temps…
Je crois que sans le savoir j’étais, depuis l’adolescence peut-être, à la recherche d’un modèle éducatif qui respecterait mes enfants. C’était certainement le but caché de ma vocation d’infirmière puéricultrice, décidée alors que j’avais une dizaine d’année.
Je n’ai pas rencontré, jeune femme, ce mouvement de maternage très respectueux du jeune enfant alliant portage-cododo… qui s’appelle l’éducation proximale (et, oui, à l’époque pas d’Internet pour élargir les horizons !). La direction que j’avais prise en était vraiment éloignée, car dans l’enseignement infirmier on vous inculque plus facilement les règles d’un maternage distal. Malgré tout, déjà, parmi les grands principes infirmiers et de puériculture rigoureux, dirigistes et normatifs, j’avais réussi à trouver des pistes intéressantes, à dégager des grandes lignes de ce qui me semblait être une éducation respectueuse de l’enfant. Il faut dire que l’école de puéricultrice de Rennes à cette époque là était assez marginale en la matière et je me souviens de deux enseignantes formidables.
Je me souviens aussi du service de Néo-nat. de Quimper, où les parents pouvaient se retrouver avec leur petit bout malade dans une petite salle de jeux chaleureuse où l’on abandonnait un instant quelques principes de rigidité hospitalière pour qu’ils puissent se rencontrer autrement ; où l’on encourageait les mamans et les papas à parler à leur petit en couveuse, à les toucher ; où l’on favorisait le lien parents enfants malgré les contraintes d’un service de pointe.
J’ai souffert lorsque pour mon premier poste d’infirmière puéricultrice, je devais suivre les pas de la surveillante du service. Une vrai tortionnaire, interdisant aux femmes de garder leur bébé trop dans les bras sous prétexte d’en faire des enfants capricieux, les bébés dormant en pouponnière et non dans la chambre de la maman, , c’était il y a seulement 20 ans …et moi j’expliquais au nouveau-né que la piqûre faisait un peu mal, que ce serait bientôt fini, et qu’il pourrait très vite se retrouver dans les bras de sa maman… 6 mois m’ont suffit pour savoir que je ne pourrais le supporter plus longtemps et que j’étais trop jeune et inexpérimentée pour lutter.
Heureusement les portes d’une crèche d’inspiration montessorienne, couplée à un jardin d’éveil m’ont été ouvertes et j’y ai encore appris beaucoup et surtout expérimenté, in vivo, la pédagogie Montessori.
Le passage en protection maternelle et infantile m’a conforté dans tout ce que je ne voulais pas pour mes enfants.
Mon aîné avait alors un an, et les deux autres s’annonçaient ; j’ai cessé de travailler et forte de toutes ces expériences, j’entrais dans ma pratique faite de parole à l’enfant, de jeux partagés, d’écoute, de rires communs…suivi par le papa, étonné peut-être, mais confiant.
Tout cela nous a mené jusqu’à cette rentrée des classes ratée pour mon grand garçon, faute d’être tombé sur la bonne personne en guise de maîtresse !
Rien de consciemment réfléchi, un chemin qui se déroule, des rencontres qui s’enchaînent, des évènements sur lesquels on rebondit, et la vie qui nous force la main. Jamais, je n’aurais imaginé ne pas mettre mes enfants à l’école, comme beaucoup nous ne savions pas que c’était possible ; mais notre enfant, la vie et les ressources des années passées nous y ont poussé.
Et ce fut une découverte, non pas que nous étions bien tous à la maison (nous le savions déjà), mais qu’il était possible de poursuivre cette si jolie vie, de l’intensifier aussi. Et de poursuivre très longtemps.
Dès l’année suivante, notre grand garçon aurait pu retourner à l’école, mais il n’en était déjà plus question. D’une contrainte, c’était, en une année, devenu un choix délibéré !
En remontant ce chemin, je sens bien que je l’ai cherché mais que c’est finalement l’IEF qui nous a trouvé.
Texte écrit pour la première édition de la farandole sans école
des Complètes avalées. Et c'est costaud une Complète. Pour ceusse qui ne connaitraient pas : une galette, une tranche de jambon, un oeuf, du gruyère, on ferme la galette et l'on met du beurre (demi-sel, le beurre !) par dessus tout cela.
C'était gai, rafraichissant, pas compliqué, bien ficelé, drôle....un bon moment de cinéma à défaut d'être un grand ! Difficile de ne pas craquer sur le beau Hugh.
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